9 juillet 1915

Vendredi 9 juillet 1915                     

 

Ma chère maman,

 

J’ai reçu aujourd’hui ta lettre contenant le billet de 5f merci beaucoup ; il est arrivé on ne peut plus à temps, car j’étais ce que l’on appelle vulgairement « fauché ». Comme je te l’ai dit, on dépense beaucoup d’argent à Paris, surtout que j’étais obligé quand j’allais me faire soigner les dents de prendre un express à Paris, et sans faire beaucoup de folies, je dépensais facilement 2f50 pour un repas +les frais de tramway (0,25 jusqu’à porte maillot +0,15 métro + le retour).

Maintenant mes soins sont terminés, et, à moins de complication me voilà tranquille pour quelques temps tout au moins de ce côté-là.

Nous avons fait mercredi et jeudi un déplacement de 24 km, nous avons cantonné dans une petite ville (Sartrouville) où nous avons été très bien reçus ; la marche ne fut pas trop fatigante malgré la chaleur. Au cantonnement les gens furent très chics et généreux pour les hommes.

Aujourd’hui vendredi, je n’ai encore rien reçu de Mr Duret ; tu peux être sûre que, prenant le service dimanche prochain, justement je vais être invité par eux ce jour-là ; ce sera bien ma guigne.

Je voulais faire ce soir tout un tas de lettres mais sur deux ampoules électriques que j’avais dans ma chambre, aucune ne va plus, elles meurent d’être brulées par je ne sais quel excès de courant, je profite un peu du jour qui reste, et en m’approchant de la lumière, pour terminer ma lettre.

Je vais passer ces jours-ci mon brevet de chef de section pour essayer d’être nommé sous-lieutenant ; je vais voir si je peux causer à Mr  Duret s’il peut intervenir un tout petit peu en ma faveur ; je crois que je l’ai bien mérité.

Embrasse pour moi cousine Maria, et dis lui que si je ne lui écris pas, c’est parce que je sais que tu lui montres toutes mes lettres. De bons baisers à tante, grand-mère, tonton et Gaby (Gabrielle Fouque) et reçois les baisers affectueux de ton fils qui t’aime

Henri

As-tu bonnes nouvelles de Gaston. Comme demain matin nous n’avons rien à faire, je lui écrirai.     Henri

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