6 mars 1915

Orléans ville le 6 mars 1915                                                                                                            

 

Ma chère maman,

 

J’ai fait un très bon voyage. Le train était bondé et pour pouvoir me reposer, j’ai été obligé de prendre un supplément de 2ème classe à Perrégaux.

J’étais avec Chatroune et nous avons eu un compartiment à nous seuls. J’ai pu dormir 5 heures de suite ce qui m’a grandement reposé et préparé à mon examen de ce matin et à celui de ce soir. Je ne sais si c’est parce que c’était lendemain de fête et de permission mais on nous a fait faire aujourd’hui 9 heures d’exercice et ce qui m’étonne le plus dans tout cela c’est d’être encore dispo ce soir.

Je t’écris de la devanture d’un café et dans la salle il y a un soldat qui joue du piano. Il joue très bien et cela me rappelle le temps où j’écoutais Claire. Comme il s’est passé de choses  depuis ce temps –là et comme il s’en passera encore beaucoup avant que cela revienne.

J’ai bon espoir et l’espoir fait vivre.

Je me suis laissé annoncer ce soir une bonne nouvelle qui m’a été donnée sous toutes réserves.

Il parait qu’une grande quantité de cadres existant actuellement à Orléans ville seront pris pour instruire la classe 16 à Alger.

Tu penses bien que je serais heureux d’aller faire l’instruction de René ; nous pourrions facilement être dans la même compagnie et tu serais bien plus tranquille de le savoir près de moi.

Mais rien n’est encore fait et c’est peut-être comme nous disons un rapport de « tinette ».

Le temps a été splendide aujourd’hui, le soleil piquait un peu mais une bise assez fraîche adoucissait la chaleur.

Je te quitte.

J’ai reçu aujourd’hui une lettre d’un copain parti au dernier convoi et qui trouve mon silence un peu long, je vais lui répondre.

Embrasse tout le monde pour moi sans oublier Riquet et toi reçois de gros baisers de ton fils

Gaston

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