18 février 1915

 

Le 18 février 1915                                                                 

 

Ma chère maman

 

Nous sommes toujours au  repos, et avons reçu la première inoculation contre la fièvre typhoïde ; nous en subirons une 2è et nous serons ensuite complètement à l’abri de cette maladie ; peu ou point de souffrance après la vaccination, quelques hommes sont malades, la fièvre monte même à 40° mais retombe presque tout de suite.

Comme je te l’ai déjà dit, j’ai installé mon bureau dans un camion forge ; où je me réfugie toute la journée, quand mes occupations ne me forcent pas à courir.

Je prends mes repas avec les sous officiers de la 12 è Cie où je retrouve tous mes anciens camarades, plus sociables et qui me sont plus sympathiques que la plupart de ceux de ma compagnie. Nous faisons des repas épatants, nous nous mettons à table à 11h ½  et n’en sortons qu’à 1h1/2 ; et le soir de 8 à 9h. Nous prolongeons toujours la soirée, soit à causer, soit à chanter ; car quand nous sommes, comme cela au repos, nous tachons d’être le moins triste possible pour ne pas nous croire en guerre ou si près de l’ennemi.

Le temps est ici toujours clément, très peu de pluie, mais beaucoup de brouillard. Le froid n’est guère intense et est très supportable.

On nous donne de nouveaux des ordres très sévères pour nous défendre de communiquer, à nos parents ou amis, ce qui se passe devant nous ou chez nous ; un adjudant a même été cassé pour avoir divulgué des mouvements de troupes, à ses parents. Ne t’étonne donc pas si je ne te parle pas de ce qui se passe ici. Je puis quand même te dire que c’est à peu près calme.

On a toujours, d’après les journaux, de bonnes nouvelles de ce qui se passe sur le reste du front, et je crois que les russes font du bon travail.

A mon avis, j’estime que la guerre ne durera maintenant pas bien longtemps et espérons que bientôt, nous serons tous réunis !

J’ai écrit, voilà pas mal de temps à Louis, à Albert, mais ces mêmes ne me répondent toujours pas. Qu’attendent –ils donc ?

Monsieur Chemeau est parti pour France ; il a du aller te voir avant son départ. C’est un  copain de plus sur la ligne et je pense qu’il s’en tirera lui aussi

Tu porteras, j’espère mes lettres chez Tante ; embrasse les tous pour moi, et dis leur que si je ne l’ai leur pas écrit depuis plusieurs jours, c’est dû à mon travail, et tout le dérangement causé par ce travail.

Embrasse René pour moi et reçois les meilleurs baisers de ton fils

Henri

Une bisette à Marcel (Bellvert) et Bichette et mon  meilleur souvenir à Mr et Mme Jourda.

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