15 janvier 1915

Le 15 janvier 1915                                      

Ma chère maman

Je t’ai promis sur ma dernière lettre de t’écrire longuement. D’abord, j’ai bien des choses à te raconter.

Nous sommes au repos depuis quelques jours très en arrière de la ligne de feu. On entend mais de très loin la canonnade. Dans la petite ville où nous sommes il y a beaucoup d’animation et les habitants et les gens n’ont pas trop souffert du passage des allemands. Nous resterons ici 10 jours pour aller ensuite relever un bataillon qui viendra se reposer, et ainsi de suite.

Entre tous les sous off de la compagnie, nous nous sommes arrangés une vie à part et avons formé une espèce de mess où la plus franche cordialité règne. On trouve à acheter presque tout ce que l’on veut dans ce village mais à des prix horriblement chers.

Tu ne peux pas t’imaginer l’émotion que l’on ressent quand après 3 mois de vie souterraine, nous nous sommes revus au milieu de civils, de voitures, d’autos. Dans quelques jours, il est vrai, cela va cesser, mais enfin nous avons un peu vécu.

Tu n’as toujours pas  de nouvelles de Louis (Fouque) ? Fais-moi savoir dès que tu en auras.

Je comprends bien l’angoisse de vous tous mais il ne faut pas s’alarmer outre mesure quand un courrier ne vous apporte pas de nouvelles. Que de choses peuvent retarder l’arrivée des lettres, ou être cause de leur perte !

Dans le dernier écho que tu m’as envoyé, j’ai vu que le fils de Mr Garreau est mort sur le champ de bataille de Louis. J’ai immédiatement écrit à ce monsieur – J’ai reçu ton colis où il y avait la toile cirée ; merci beaucoup ; je vais m’en faire un couvre nuque assez long et qui me couvrira les épaules !

Je te quitte ma chère maman, je vais à un concert organisé par les territoriaux.

Je t’embrasse bien fort Ton fils  Henri

Je te donnerai des détails sur cette matinée.

Oran jeudi

Ai reçu le 26, le programme et une carte ; -imite, Gaston, l’exemple de ton frère et écris un peu plus souvent. As-tu reçu la lettre carte mais les 5f ??? Je t’ai dit t’écrire à ta tante, l’as-tu fait ? - Hier je sais par Gaby qu’il n’y a pas de lettre, quoique je n’aie pas dit que je t’avais engagé à écrire – As-tu reçu une lettre de ta sœur ? Je t’embrasse T

Si tu envoies ces lettres à O.F. que l’on me les retourne.

Henri - debout 2ème en partant de la droite - Cigarette !

50e Régiment d'infanterie

50e Régiment d'Infanterie

Photo prise le 23 janvier 1915 à Mourmelon-le-Petit

Premier repos réel du Régiment après 1 mois de campagne.

 

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