12 septembre 1914

Samedi 12 septembre 1914                                           

Ma chère maman,

Je t’écris sur le bord d’une route française, nous sommes à la poursuite de l’armée allemande. Comme tu t’en doutes, puisque je t’écris, je suis sain et sauf jusqu’à présent. Marie et Friess aussi, quant à ce pauvre Armand, il a été tué par un éclat d’arbre au cœur. Tu penses si la mort de mon meilleur ami m’a désespéré. Il n’avait aucune blessure extérieure mais le choc a dû lui briser une côte qui est entrée sans doute dans le cœur. Il est mort sur le coup. Je t’enverrai sa ceinture où il avait de l’argent, tu la remettras à sa pauvre mère. Le cycliste des postes ne va pas tarder à passer, aussi je te quitte et t’écrirai au plus tôt, envoie moi beaucoup de nouvelles

Je t’embrasse de toutes mes forces

Henri

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